// chapitre 05 . 1998

b-money, le plan de Wei Dai

Un texte court, posté sur la liste cypherpunks, qui décrit presque tout : monnaie créée par calcul, registre distribué, pseudonymes.

En novembre 1998, Wei Dai, jeune cryptographe diplômé de l'université de Washington et auteur de la bibliothèque Crypto++, poste sur la liste cypherpunks un court texte intitulé « b-money » (toujours en ligne sur weidai.com/bmoney.txt). La première phrase donne le ton : il est fasciné par la crypto-anarchie de Tim May, une communauté où la violence est impossible parce que les participants ne sont identifiés que par des pseudonymes cryptographiques.

Le protocole décrit deux variantes. Dans la première, chaque participant maintient sa propre copie d'une base de données indiquant combien d'argent appartient à chaque pseudonyme. La monnaie est créée en résolvant des problèmes de calcul dont le coût est vérifiable, et les transactions sont diffusées à tous, signées par leurs émetteurs. Dans la seconde variante, plus réaliste selon Dai, seul un sous-ensemble de serveurs tient le registre, en déposant une caution qui les incite à rester honnêtes.

Quiconque a lu le whitepaper de Bitcoin reconnaît immédiatement la structure : registre répliqué, transactions diffusées et signées, création monétaire par preuve de calcul, pseudonymat. La différence majeure est que b-money ne résout pas complètement le consensus, comment tous les nœuds se mettent d'accord sur la version correcte du registre quand elles divergent. C'est précisément le trou que Bitcoin bouchera avec la chaîne de preuves de travail.

b-money est la référence numéro 1 du whitepaper. Détail forensique notable : Satoshi écrit à Wei Dai en août 2008 (échange publié depuis par Dai), en lui indiquant avoir été dirigé vers lui par Adam Back, et lui demande la date exacte de publication de b-money pour pouvoir le citer correctement. Wei Dai a toujours nié être Satoshi. Texte intégral, traduction et versions évolutives.