// chapitre 01 . 1976 . 1997
Cryptographie, les fondations
Clé publique, fonctions de hachage, signatures numériques. Sans ces trois briques, pas de monnaie électronique possible.
Tout commence en 1976, quand Whitfield Diffie et Martin Hellman publient « New Directions in Cryptography ». Pour la première fois, deux personnes peuvent établir un secret commun sur un canal public, sans s'être jamais rencontrées. Un an plus tard, Rivest, Shamir et Adleman formalisent RSA : chacun possède désormais une clé publique, que tout le monde connaît, et une clé privée, que personne ne voit. Signer un message devient possible sans autorité centrale.
La deuxième brique, ce sont les fonctions de hachage. Une fonction comme SHA-256 transforme n'importe quelle donnée en une empreinte de taille fixe, impossible à inverser et extrêmement sensible : changez un bit en entrée, l'empreinte change entièrement. C'est la colle qui permettra plus tard de chaîner des blocs entre eux, chaque bloc contenant l'empreinte du précédent.
Troisième brique, la monnaie électronique elle-même. Dès 1982, David Chaum publie « Blind Signatures for Untraceable Payments » et fonde plus tard DigiCash. Son eCash fonctionne, des banques l'expérimentent dans les années 90, mais le système reste centralisé : une entité émet la monnaie et peut donc la censurer, la geler ou disparaître. DigiCash fait faillite en 1998.
Le problème restant est connu sous le nom de double dépense : comment empêcher quelqu'un de dépenser deux fois le même jeton numérique, sans serveur central qui tient le registre ? Toute la préhistoire de Bitcoin, de Hashcash à b-money et bit gold, est une série de tentatives pour résoudre exactement cette question.