// chapitre 04 . 1997

Hashcash, la preuve de travail

Adam Back veut combattre le spam en rendant chaque email légèrement coûteux à produire. Bitcoin en fera son moteur de consensus.

En mai 1997, Adam Back, cryptographe britannique actif sur la liste cypherpunks, propose Hashcash. L'objectif initial n'a rien à voir avec la monnaie : il s'agit de lutter contre le spam. L'idée est de forcer l'expéditeur d'un email à résoudre un petit puzzle cryptographique, trouver une valeur dont le hachage commence par un certain nombre de zéros. Le calcul prend quelques secondes pour un email isolé, mais devient ruineux pour qui veut en envoyer des millions.

Ce mécanisme s'appelle la preuve de travail (proof of work). Sa propriété magique : le puzzle est coûteux à résoudre mais instantané à vérifier. N'importe qui peut confirmer en une opération que le travail a bien été fait, sans faire confiance à celui qui l'a fait.

Hashcash introduit ainsi une rareté numérique objective : chaque jeton représente une quantité d'électricité et de temps de calcul réellement dépensée, qu'aucune autorité n'a besoin de certifier. Il manque encore le registre et la circulation, mais l'ancrage de la valeur dans le monde physique est là.

Onze ans plus tard, le whitepaper de Bitcoin cite Hashcash explicitement (référence numéro 6) et en fait le cœur de son consensus : les mineurs se font concurrence sur des preuves de travail, et la chaîne la plus longue, celle qui cumule le plus de travail, fait foi. Adam Back est aussi l'une des toutes premières personnes que Satoshi contacte par email, en août 2008, avant même la publication du whitepaper. Lire le papier Hashcash (PDF, 2002), dont le whitepaper Bitcoin reprendra la forme. Comparaison stylométrique des deux textes.