// chapitre 07 . 2008
La liste cryptographie et le whitepaper
Le 31 octobre 2008, un inconnu poste neuf pages sur la liste metzdowd. Personne ne sait qui il est. Personne ne le saura jamais vraiment.
Après le déclin de la liste cypherpunks, une partie de la communauté migre vers la liste « cryptography » hébergée sur metzdowd.com, modérée notamment par Perry Metzger. C'est un réseau restreint de cryptographes, le successeur direct du milieu cypherpunk, et c'est là que tout devient public.
Le 31 octobre 2008, à 14h10 heure de New York, un message signé Satoshi Nakamoto arrive sur la liste : « I've been working on a new electronic cash system that's fully peer-to-peer, with no trusted third party. » En pièce jointe, neuf pages : « Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System ». Le contexte n'est pas anodin : six semaines plus tôt, Lehman Brothers s'est effondrée et la crise financière mondiale bat son plein. Lire le whitepaper (résumé, références, PDF).
Les premières réactions sont sceptiques. James A. Donald répond dès le lendemain que le système ne passera pas à l'échelle. Hal Finney, lui, est enthousiaste et devient le premier soutien actif. Le 3 janvier 2009, Satoshi mine le bloc genèse, dans lequel il grave un titre du Times de Londres du jour : « Chancellor on brink of second bailout for banks ». Le 9 janvier, la version 0.1 du logiciel est publiée. Le 12 janvier, Hal Finney reçoit la première transaction de l'histoire, 10 BTC envoyés par Satoshi.
Satoshi reste actif environ deux ans : des centaines de posts sur le forum bitcointalk, des emails, du code. Puis, en avril 2011, un dernier message privé à Mike Hearn : « I've moved on to other things. » Il disparaît, en laissant derrière lui environ un million de bitcoins minés à ses débuts (le motif dit « Patoshi », identifié par le chercheur Sergio Demian Lerner), jamais dépensés depuis.